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Itinéraire mythique · Thonon → Menton

La Route des Grandes Alpes en camping-car, de Thonon à Menton

Du lac Léman à la Méditerranée par seize cols alpins, la Route des Grandes Alpes en camping-car est la traversée la plus spectaculaire de France. Voici comment la préparer étape par étape : sens de parcours, saison, gabarit et dodo chaque soir.

6-8 joursDurée
700 km · 16 colsDistance
Mi-juin — mi-octobre (ouverture des cols)Meilleure saison

Faire la Route des Grandes Alpes en camping-car, c'est enchaîner environ 700 kilomètres et seize cols entre Thonon-les-Bains, point de départ officiel au bord du Léman, et Menton, sur la Méditerranée. L'itinéraire historique suit pour l'essentiel la D902 et ses prolongements, en passant par le toit routier des Alpes françaises : le col de l'Iseran, à 2 764 mètres. C'est un voyage lent par nature — on roule rarement à plus de 50 km/h de moyenne en montagne — et c'est précisément ce qui en fait le terrain de jeu idéal d'un véhicule aménagé : chaque col est une étape, chaque vallée un bivouac potentiel.

Le bon créneau va de la mi-juin à la mi-octobre : en dehors de cette fenêtre, l'Iseran, le Galibier ou la Bonette sont fermés par la neige. Comptez six à huit jours pour savourer la traversée sans enchaîner plus de deux ou trois cols par jour. Le sens nord-sud est le plus logique en camping-car : on se met en jambes sur les cols moyens du Chablais et des Aravis avant d'attaquer les géants, et on termine en descente vers la mer, avec le soleil du Sud en récompense.

Côté véhicule, un van aménagé ou un fourgon de moins de 6 mètres est le format le plus confortable : les lacets de l'Izoard ou de la Bonette se négocient sans stress, et on se gare partout, y compris dans les villages-étapes. Un camping-car classique passe aussi, à condition de connaître sa hauteur et de croiser prudemment dans les portions étroites. Ce guide détaille la moitié nord ville par ville — du Léman à l'Iseran, le cœur savoyard de la route — puis la bascule vers le sud jusqu'à Menton.

La Route des Grandes Alpes étape par étape, de Thonon à Menton

  1. Jour 1 · km 0

    Départ au bord du Léman : Thonon et Évian

    Tout commence sur les quais de Thonon-les-Bains, où une borne marque le kilomètre zéro de la route. Profitez de cette première journée pour les derniers préparatifs : plein de carburant et d'eau, courses au marché, vérification des niveaux avant une semaine de montagne. La balade le long du port de Rives et la vue sur le Léman valent qu'on traîne un peu. Un crochet par Évian-les-Bains, à une dizaine de kilomètres par la rive, permet de longer le lac une dernière fois avant de plonger vers les vallées. Pour la nuit, les abords du Léman comptent plusieurs aires et campings accessibles aux véhicules aménagés ; dormir face au lac est une belle façon d'ouvrir le voyage.

  2. Jour 2 · 60 km · cols des Gets et du Corbier

    Le Chablais et les Portes du Soleil : Morzine, Les Gets, Châtel

    La D902 quitte Thonon par la vallée de la Dranse, un défilé étroit et boisé où l'on passe devant les gorges du Pont du Diable, première pause qui s'impose. La route s'élève ensuite doucement vers Morzine, capitale du Haut-Chablais, parfaite pour une pause déjeuner en terrasse. Le col des Gets (1 170 m) est une mise en jambes idéale : large, roulant, sans difficulté pour un fourgon. Les amateurs de détour fileront vers Châtel par le col du Corbier pour explorer le domaine des Portes du Soleil côté frontière suisse. Le soir, les stations du secteur, calmes en été, offrent de nombreuses possibilités de stationnement en altitude, souvent au pied des télécabines.

  3. Jour 3 · 70 km · 2 cols

    Colombière et Aravis : Le Grand-Bornand et La Clusaz

    Journée typiquement haut-savoyarde. Après la descente sur Cluses, la route de la Colombière (1 618 m) grimpe franchement : rampes régulières, derniers kilomètres à découvert, panorama sur la chaîne des Aravis au sommet. On bascule ensuite sur Le Grand-Bornand, village d'alpages et de fermes à colonnes de bois où le reblochon fermier s'achète directement chez les producteurs. Quelques kilomètres plus loin, La Clusaz précède le col des Aravis (1 486 m) et sa vue frontale sur le Mont-Blanc par temps clair — l'un des arrêts photo majeurs de la route. Les deux villages sont bien équipés pour l'accueil des vans, et dormir près des alpages, cloches de vaches en fond sonore, fait partie de l'expérience.

  4. Jour 4 · 90 km · cormet de Roselend

    Beaufortain et Tarentaise : Saisies, Roselend, Bourg-Saint-Maurice

    Après Flumet et la vallée de l'Arly — qu'on peut rejoindre en passant par Albertville pour ravitailler en grande surface — le col des Saisies (1 650 m) ouvre la journée en douceur, entre pistes et chalets. La suite est un sommet du voyage : Beaufort, son coopérative fromagère et ses ruelles, puis la montée vers le cormet de Roselend (1 968 m). Le lac de Roselend, turquoise sous les crêtes du Beaufortain, impose un long arrêt ; les emplacements avec vue ne manquent pas le long de la route du barrage. La descente sur Bourg-Saint-Maurice, technique dans sa partie haute, se fait au frein moteur. La ville, au fond de la Tarentaise, est l'endroit pratique pour faire les services avant la haute montagne.

  5. Jour 5 · 60 km

    Le toit de la route : Val-d'Isère et le col de l'Iseran (2 764 m)

    C'est la journée reine. La D902 remonte la haute Tarentaise, passe sous le barrage de Tignes — un détour vers le lac et la station se glisse facilement au programme — puis atteint Val-d'Isère, dernier village avant le grand vide. Les vingt derniers kilomètres vers l'Iseran traversent un paysage minéral de plus en plus nu ; à 2 764 mètres, c'est le plus haut col routier des Alpes, et il n'est pas rare d'y croiser des névés en plein juillet. La route est large et bien revêtue, accessible à un camping-car conduit calmement. La descente sur la Haute Maurienne dévoile Bonneval-sur-Arc, classé parmi les plus beaux villages de France, puis Bessans : un secteur idéal pour poser le van et souffler.

  6. Jour 6 · 130 km

    Galibier et Izoard, bascule vers le sud

    Grosse journée de cols mythiques. Depuis la Maurienne, le col du Télégraphe (1 566 m) sert d'échauffement avant Valloire, puis le Galibier déroule ses lacets jusqu'à 2 642 mètres, dans un décor de pierriers cher au Tour de France ; les véhicules longs préféreront le court tunnel sommital si le passage au sommet les impressionne. On bascule au Lautaret face aux glaciers de la Meije, avant de descendre sur Briançon, dont la cité Vauban mérite deux heures de pause. L'après-midi, l'Izoard (2 360 m) marque le vrai basculement vers le sud : la Casse Déserte, ce chaos d'aiguilles ocre juste sous le col, est l'un des paysages les plus photographiés des Alpes. Nuit possible dans le Queyras, autour d'Arvieux ou de Guillestre.

  7. Jours 7-8 · 200 km

    Bonette puis descente finale sur Menton

    Le final change d'ambiance à chaque heure. Après le col de Vars (2 108 m) et la vallée de l'Ubaye, la route de la Bonette grimpe à 2 715 mètres — et la boucle facultative de la Cime, à plus de 2 800 mètres, s'offre le titre de plus haute route bitumée de France. La longue descente de la Tinée fait passer des marmottes aux oliviers : Saint-Sauveur-sur-Tinée, puis le col Saint-Martin et le col de Turini, célèbre pour ses lacets du Rallye de Monte-Carlo. Pour la nuit entre les deux journées, la vallée de l'Ubaye autour de Barcelonnette ou les abords de Saint-Martin-Vésubie offrent aires et campings avant la plongée finale sur Sospel et Menton. Par Sospel et le col de Castillon, on plonge enfin sur Menton et ses façades italiennes. Tremper les pieds dans la Méditerranée après seize cols : c'est la récompense rituelle de tous ceux qui bouclent la route.

Conseils pratiques pour la Route des Grandes Alpes en van

Vérifiez l'ouverture des cols avant de partir

L'Iseran, le Galibier et la Bonette n'ouvrent généralement qu'entre fin mai et mi-juin, et referment aux premières neiges d'automne. Consultez les sites des conseils départementaux (Savoie, Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes) la veille de chaque grande étape : un col fermé pour travaux ou météo peut imposer un détour de plusieurs heures.

Descendez au frein moteur, pas au frein à pied

Avec 3 à 3,5 tonnes lancées dans 20 km de descente, les freins d'un camping-car chauffent vite. Rétrogradez dès le sommet et laissez le frein moteur travailler, en gardant à peu près le même rapport qu'à la montée. Si une odeur de chaud apparaît, arrêtez-vous et laissez refroidir sans serrer le frein à main à bloc.

Gérez l'eau et les services comme en expédition

Entre Bourg-Saint-Maurice et Briançon, les points de services se font rares et l'eau des fontaines d'altitude n'est pas toujours contrôlée. Faites systématiquement le plein d'eau propre et la vidange des eaux grises dans les vallées, et gardez une réserve de carburant confortable : les stations sont espacées et parfois fermées le soir en haute montagne.

Stationnement de nuit : discrétion et réglementation

Le camping sauvage est interdit dans les zones cœur des parcs nationaux (Vanoise, Mercantour) et de nombreuses communes touristiques réglementent le stationnement nocturne des véhicules aménagés. Privilégiez les aires dédiées, les campings de villages et les emplacements tolérés hors zones protégées ; arrivez avant la nuit, restez discret, et repartez sans laisser de trace.

Anticipez le gabarit dans les passages étroits

La route est presque partout accessible aux camping-cars, mais certains secteurs — gorges de la Dranse, haute Tinée, lacets du Turini — sont étroits avec des croisements délicats. Connaissez par cœur votre hauteur, votre largeur rétroviseurs compris et votre porte-à-faux arrière, klaxonnez brièvement dans les épingles aveugles et laissez la priorité à ceux qui montent.

Prévoyez chaud et froid dans la même journée

Il peut faire 28 °C à Menton et 5 °C au sommet de la Bonette le même jour, avec des orages fréquents en fin d'après-midi l'été. Emportez doudounes et bonnets même en juillet, chauffez la cellule la nuit au-dessus de 1 800 mètres, et calez les passages de cols le matin, quand la visibilité est la meilleure.

Prêt à prendre la route ?

Vans et camping-cars de propriétaires locaux, assurance incluse, permis B pour la plupart.

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Route des Grandes Alpes en camping-car : vos questions

Quelle est la meilleure période pour faire la Route des Grandes Alpes en camping-car ?

De la mi-juin à la mi-octobre, quand les seize cols sont déverrouillés. Fin juin et septembre sont les créneaux idéaux : cols ouverts, trafic réduit, hébergements et aires moins saturés qu'en plein été. Évitez le cœur de l'hiver et le printemps, où l'Iseran, le Galibier et la Bonette restent fermés par la neige, coupant l'itinéraire en plusieurs tronçons.

Peut-on passer le col de l'Iseran en camping-car ?

Oui. La D902 qui franchit l'Iseran est large, bien revêtue et empruntée chaque été par de nombreux camping-cars. Les seules précautions sont classiques : monter à son rythme en laissant passer les plus rapides, redescendre au frein moteur et vérifier la météo, car la neige peut fermer temporairement le col même en juillet. Les véhicules très longs ou attelés resteront simplement plus vigilants dans les épingles.

Combien de jours faut-il pour faire la Route des Grandes Alpes en van ?

Comptez six à huit jours pour un rythme confortable : deux à trois cols par jour, du temps pour les lacs, les villages et les marchés. La traversée est faisable en quatre jours en roulant beaucoup, mais on subit alors la route au lieu d'en profiter. Avec dix jours, on s'offre les détours qui valent le voyage : Tignes, le Queyras, la Cime de la Bonette.

Peut-on dormir n'importe où en van sur la Route des Grandes Alpes ?

Non. Le bivouac est interdit dans les cœurs des parcs nationaux de la Vanoise et du Mercantour, et beaucoup de communes de montagne encadrent le stationnement nocturne des véhicules aménagés. En pratique, on dort très bien en alternant aires dédiées, campings de villages-étapes et stationnements tolérés hors zones protégées, en s'installant tard, en repartant tôt et en ne laissant aucune trace.