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Itinéraire · Alpes du Sud

La route Napoléon en van : de la mer aux Alpes du Sud

D'Aix-en-Provence à Briançon, la route Napoléon en camping-car enchaîne la lumière provençale, le verrou de Sisteron et les grands cols des Hautes-Alpes. Voici l'itinéraire complet, pensé pour un véhicule aménagé : pentes, bivouacs d'altitude et alternative par Serre-Ponçon inclus.

5-7 joursDurée
≈ 350 kmDistance
Juin-septembre (cols ouverts)Meilleure saison

Faire la route Napoléon en camping-car, c'est remonter le chemin de l'Empereur au printemps 1815 : parti du littoral, il rejoignit Grenoble par les vallées alpines en évitant la vallée du Rhône. Le tracé historique complet relie Golfe-Juan à Grenoble par Grasse, Castellane et Digne-les-Bains ; notre itinéraire en reprend la section la plus alpine : il rejoint la route historique à Sisteron, là où la N85 franchit le verrou entre Provence et Dauphiné, la suit jusqu'à Gap, puis bifurque vers Briançon, plus haute ville fortifiée du pays. En camping-car ou en van, c'est l'un des rares itinéraires français où l'on passe des oliviers aux mélèzes en moins de 350 kilomètres.

Ce guide est écrit pour un véhicule aménagé, pas pour une berline : chaque étape précise ce que la route implique en matière de pentes, de gabarit et de stationnement nocturne. Le départ se fait d'Aix-en-Provence, idéale pour récupérer un véhicule et faire le plein de provisions avant de remonter la Durance. Vous saurez aussi quoi faire quand un col est fermé ou chargé : le lac de Serre-Ponçon offre une alternative de repli superbe, avec des journées entières à passer entre baignade et belvédères.

Comptez cinq à sept jours pour environ 350 kilomètres : la moyenne horaire chute vite en montagne et les détours valent le voyage. La meilleure fenêtre court de juin à septembre, quand les cols de Vars et de l'Izoard sont ouverts et que les nuits d'altitude restent clémentes. En van aménagé, plus compact, vous passerez partout ; en camping-car de plus de 6 mètres, quelques variantes indiquées étape par étape rendront la conduite plus sereine.

La route Napoléon en camping-car : l'itinéraire étape par étape

  1. Jour 1 · départ

    Aix-en-Provence, porte de la Provence

    Aix est le camp de base parfait : on y trouve tout pour avitailler le véhicule avant une semaine de montagne, et la ville mérite une demi-journée à pied — cours Mirabeau, fontaines moussues, marchés du centre ancien. Avec un grand gabarit, visez les parkings périphériques reliés au centre plutôt que les ruelles du vieil Aix, étroites et souvent limitées en hauteur. Avant de partir, offrez-vous un crochet vers la montagne Sainte-Victoire, dont la silhouette accompagne la sortie de ville côté est. Prenez ensuite la direction du nord par les routes départementales qui filent vers la Durance : le paysage passe des pins aux amandiers, et la barre des Alpes apparaît vite à l'horizon. Première nuit possible dans l'arrière-pays aixois, au calme des villages viticoles.

  2. Jour 2 · 60 km

    La vallée de la Durance : Manosque et Peyruis

    La Durance sert de fil conducteur jusqu'à Sisteron. À Manosque, garez-vous en contrebas du centre et montez à pied dans la vieille ville de Giono, ceinturée de boulevards ombragés — les portes Saunerie et Soubeyran se franchissent mieux à pied qu'au volant. En été, le détour vers le plateau de Valensole s'impose pour les lavandes ; les routes y sont larges et roulantes, sans difficulté pour un camping-car. Remontez ensuite la rive de la Durance vers Peyruis, au pied des Pénitents des Mées, ces étonnantes colonnes de rochers dressées au-dessus des oliveraies. Le secteur, encore très provençal, offre de nombreuses possibilités de nuit au calme entre vergers et canaux, avant l'entrée en montagne du lendemain.

  3. Jour 3 · 30 km

    Sisteron, verrou de la Provence

    Trente petits kilomètres, mais une étape charnière : à Sisteron, la Durance se faufile entre la citadelle et le rocher de la Baume, plis de calcaire dressés à la verticale — le fameux « verrou » entre Provence et Dauphiné. Napoléon y passa sans encombre le 5 mars 1815, épisode que la ville raconte volontiers. Montez à la citadelle pour la vue plongeante sur la cluse, flânez dans les andrônes, ces passages couverts de la vieille ville, et profitez d'une vraie pause : c'est ici que la N85 historique prend toute sa dimension. Les abords de la Durance offrent des zones de stationnement adaptées aux véhicules longs, plus commodes que le centre. Journée courte en route, idéale pour l'intendance — pleins, courses, lessive — avant les Hautes-Alpes.

  4. Jours 4-5 · 80 km

    Gap et le lac de Serre-Ponçon

    La N85 s'élève doucement jusqu'à Gap, plus haute préfecture de France, bonne base pour ravitailler une dernière fois en grande surface. De là, deux journées se dessinent autour du lac de Serre-Ponçon, immense retenue turquoise née de la Durance. Faites-en le tour tranquillement : belvédère sur le barrage, chapelle posée sur son îlot près de Savines-le-Lac, plages de la rive sud pour la baignade et les sports nautiques. Les routes du tour du lac sont sinueuses mais correctes en gabarit ; anticipez simplement les croisements dans les portions en corniche. C'est aussi votre plan B si les grands cols sont fermés ou embouteillés : on peut passer une semaine entière ici sans s'ennuyer. Nuits faciles à trouver côté rives aménagées, plus sauvages sur les hauteurs d'Embrun.

  5. Jour 6 · 90 km

    Les stations et grands cols : Orcières, Vars, Risoul

    Journée de haute montagne, à moduler selon votre gabarit et votre envie de lacets. Côté Champsaur, la montée vers Orcières est régulière et large : idéale pour goûter à l'altitude en douceur, avec les sommets des Écrins en toile de fond. Côté Guillestrois, Risoul se gagne par une rampe soutenue mais bien revêtue au-dessus de Guillestre, et Vars ouvre la porte du col de Vars, à plus de 2 100 mètres : pentes franches, épingles, utilisez le frein moteur à la descente. En été, ces stations vivent au ralenti — parkings vastes, terrasses tranquilles, télésièges piétons selon les périodes. En camping-car long, préférez une seule montée choisie plutôt que d'enchaîner les trois ; en van, tout passe sans stress. Nuit possible en altitude, couette obligatoire.

  6. Jour 7 · 60 km

    Briançon et la vallée de la Clarée

    Depuis Guillestre, deux options pour rallier Briançon : la vallée de la Durance, roulante et sans difficulté, ou le col de l'Izoard et sa Casse Déserte lunaire — réservé aux gabarits raisonnables et aux conducteurs à l'aise, mais inoubliable. À l'arrivée, la cité Vauban, plus haute ville fortifiée d'Europe, se visite à pied depuis les parkings bas de la ville ; les remparts au couchant valent à eux seuls le voyage. Prolongez par la Serre Chevalier toute proche — La Salle-les-Alpes, Le Monêtier-les-Bains et ses eaux chaudes — puis par la vallée de la Clarée, l'une des plus belles vallées préservées des Alpes : son accès peut être réglementé en haute saison, renseignez-vous sur place et privilégiez les navettes quand elles existent. Final grandiose pour cette route Napoléon prolongée.

Conseils pratiques pour la route Napoléon en van

Vérifiez l'ouverture des cols avant de partir

Vars et l'Izoard ferment l'hiver et peuvent rester enneigés tard au printemps ou fermer ponctuellement pour travaux et courses cyclistes. Consultez les cartes d'état des routes des Hautes-Alpes la veille de chaque journée de col. Si un passage est fermé, la vallée de la Durance et le tour de Serre-Ponçon offrent toujours un itinéraire de repli sans perdre une journée.

Adaptez la journée des cols à votre gabarit

Jusqu'à 6 mètres, tout l'itinéraire passe sans réserve. Au-delà, gardez la vallée de la Durance et la N85 comme colonne vertébrale et choisissez une seule montée en station plutôt que d'enchaîner les épingles. Dans les rampes, montez à bas régime sans surchauffer, et descendez sur le frein moteur : les freins d'un véhicule chargé fatiguent vite sur 1 000 mètres de dénivelé.

Bivouac d'altitude : discret, légal, réversible

En montagne, distinguez stationnement (souvent toléré) et camping sauvage (fréquemment interdit, notamment aux abords des lacs et dans les zones protégées comme les Écrins). Arrivez en fin de journée, ne sortez ni table ni auvent, repartez tôt et sans trace. Autour de Serre-Ponçon, la réglementation varie d'une commune à l'autre : fiez-vous aux panneaux d'entrée de site plutôt qu'aux habitudes des applications.

Gérez l'eau et les vidanges en vallée

Les points de services se concentrent le long de la Durance — secteur d'Aix, Manosque, Sisteron, Gap, Briançon — et se raréfient en altitude. Prenez le réflexe de repartir de chaque ville-étape avec les réservoirs pleins et les eaux grises vidées : vous gagnerez deux nuits d'autonomie complète pour dormir haut, là où l'itinéraire est le plus beau.

Anticipez la météo de montagne, même en août

Les orages d'été éclatent souvent en milieu d'après-midi dans les Hautes-Alpes : programmez cols et routes en corniche le matin. Les nuits au-dessus de 1 500 mètres descendent facilement sous 10 °C en plein été — prévoyez couettes sérieuses et de quoi chauffer. Hors juillet-août, un démarrage matinal peut se faire sur chaussée givrée en altitude : levez le pied dans les premières épingles à l'ombre.

Prêt à prendre la route ?

Vans et camping-cars de propriétaires locaux, assurance incluse, permis B pour la plupart.

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Route Napoléon en camping-car : vos questions

Quelle est la meilleure période pour faire la route Napoléon en camping-car ?

De juin à septembre : les cols de Vars et de l'Izoard sont ouverts, les stations vivent en mode été et les nuits d'altitude restent supportables. Juin et septembre offrent le meilleur compromis entre routes tranquilles et météo stable. En mai et octobre, l'itinéraire reste faisable en s'en tenant à la vallée de la Durance et à Serre-Ponçon, cols en option selon l'enneigement.

La route Napoléon est-elle difficile à conduire en camping-car ?

L'axe principal — la vallée de la Durance d'Aix à Sisteron, puis la N85 entre Sisteron et Gap — est une route large et bien revêtue, accessible à tous les gabarits. Les vraies difficultés se concentrent sur les options d'altitude : montées vers les stations et col de l'Izoard, avec pentes soutenues et épingles serrées. En van compact, tout passe ; au-delà de 6 mètres, choisissez vos cols et privilégiez le frein moteur en descente.

Peut-on dormir en van au bord du lac de Serre-Ponçon ?

Oui, mais pas n'importe où : les rives immédiates sont largement réglementées en été et le camping sauvage y est souvent interdit. Chaque commune du tour du lac affiche ses règles à l'entrée des sites — fiez-vous aux panneaux. Les solutions simples : aires et campings du bord de lac pour être au plus près de l'eau, ou stationnement discret sur les hauteurs, avec vue plongeante en prime.

Combien de jours prévoir pour la route Napoléon d'Aix à Briançon ?

Cinq jours suffisent pour relier Aix-en-Provence à Briançon en profitant de chaque étape ; sept jours permettent d'ajouter deux vraies journées autour du lac de Serre-Ponçon et une montée en station. Le kilométrage total reste modeste — environ 350 kilomètres — mais la moyenne chute en montagne : mieux vaut des journées courtes en route et longues en exploration.